trainspotting_VO

Titre : Trainspotting

Auteur : Irvine Welsh

Genre : Contemporain

Résumé : "Choose us. Choose life. Choose mortage payments ; choose washing machines ; choose cars ; choose sitting oan a couch watching mind-numbing  and spirit-crushing game shows, stuffing fucking junk food intae yir mooth. Choose rotting away, pishing and shiteing yerself in a home, a total fucking embarassment tae the selfish, fucked-up brats ye've produced.

Choose life."

Mon avis : Il y a quelques mois, je décide de regarder Trainspotting, un film de Danny Boyle dont j'ai vaguement entendu parler, avec dans le rôle principal Ewan McGregor (et regarder un film avec Ewan McGregor est rarement du temps perdu huhu). Je me suis pris une sacrée claque et ce film a été un gros coup de coeur. Alors quand j'ai trouvé le livre dont est tirée cette adaptation en version originale, je n'ai pas hésité longtemps.

J'aurais peut-être dû feuilleter ce bouquin un peu plus longtemps, car j'ai eu une surprise de taille : ce livre n'est pas en anglais mais en écossais, autrement plus ardu à comprendre pour mon niveau. Quand "I" est remplacé par "Ah", que "of" se dit "ay"et que "little" est banni au profit de "wee", les premières pages laissent perplexes.
De plus, il y a régulièrement des changements de point de vue entre les personnages principaux et secondaires, mais auss avec un narrateur omniscient. Un changement parfois suffisamment subtil pour qu'il échappe à ma vigilance.

Mais sinon, Trainspotting, ça parle de quoi? C'est l'histoire d'une bande de potes, la vingtaine, la plupart accros à l'héroïne et autres substances, dans un quartier naze d'Edimburgh. Globalement, c'est tout, mais il y a pourtant beaucoup à raconter sur ces gars-là : la drogue, le VIH, l'alcool, la violence, l'ennui, le sexe, la paternité...

Source: Externe
Source : poppn.tumblr.com

La vie à Leith n'est pas rose, loin de là ; nous est dépeint de façon peu reluisante un quartier miséreux d'Edimburgh au début des années 1990, un quartier sans perspective, sans avenir, où se droguer devient un passe-temps avant de se muer en addiction. Mais c'est surtout un moyen de se distinguer, de se mettre volontairement à la marge de la bonne société britannique. "Choose life" ; choisissez la vie, soyez en bonne santé et vivez longtemps ; vivez la vie qu'on vous a choisie, et qui ne convient pas du tout à Renton et ses potes.
Et pourtant ce n'est pas un récit morose ; on enchaîne sans cesse passages comiques, d'u
n humour grinçant et cynique, puis d'autres nettement plus tragiques. 

On a une galerie de personnages patibulaires, peu reluisants, pas franchement fréquentables mais à qui on finit indéniablement par s'attacher (du moins la plupart parce qu'il reste difficile d'en aimer certains) : Renton, Begbie, Spud, Sick Boy, Second Prize, Tommy, parfois ardus à distinguer les uns des autres. Pas vraiment des héros, mais ils sont si peu extraordinaires qu'on se reconnaît parfois en eux.

Même si hélas, la plupart des subtilités m'ont sûrement échappées, l'écriture d'Irvine Welsh est indéniablement l'un des atouts majeurs de ce roman : fiévreuse et électrique, je n'aurais pas essayé de vaincre la difficulté des premiers chapitres si l'auteur ne savait pas aussi bien nous embarquer là où il le souhaite. La façon dont il enchaîne les niveaux de langage, passant d'un argot écossais composé de "cunt" et "fucking" à un anglais plus littéraire, est très habile.

Je souhaite désormais relire Trainspotting en version française : en effet, face à un niveau de langue un peu ardu, il subsiste certains passages que je n'ai pas tout à fait compris, et dont je tiens à saisir le sens. Avant de poursuivre bien sûr avec Skag boys, le prélude et Porno, la suite.

La note : 9/10. C'est choc, c'est trash, c'est éblouissant.

Et pour finir, je vous laisse avec la BO du film...