marche_ou_cr_ve

TitreMarche ou crève

AuteurStephen King (sous le pseudonyme de Richard Bachman)

Genre : Thriller

Résumé : États Unis, dans un futur proche. Chaque année a lieu la Longue Marche, qui réunit cent jeunes hommes venus de différents districts. Pendant les jours qui viennent, ils vont marcher sans s'arrêter jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un. Un vainqueur ; pour les 99 autres, une balle dans la tête.

Mon avis : Parmi la riche bibliographie de Stephen King, Marche ou crève me faisait envie depuis un petit moment. Preuve supplémentaire que Suzanne Collins n'a rien inventé avec Hunger Games (Battle Royale de Koushun Takami l'avait aussi montré), j'ai pourtant été un tantinet déçue.

J'ai trouvé que le début traînait un peu en longueur. Puis j'ai réalisé qu'en fait, j'étais dans le même état d'esprit que les personnages : je me rendais compte de la dure réalité de la Marche en même tant qu'eux - c'est à dire, quand sont éliminés les premiers candidats et que la fatigue les gagne. Ce sentiment de tension grandissant fonctionne de même avec Garathy, le personnage principal : on s'identifie de plus en plus à lui alors qu'il semble lambda au début, mais marcher avec lui de pages en pages nous le rend proche.

Ce qui commence comme une tranquille randonnée entre amis se termine en bain de sang. On assiste à une escalade de la violence au fur et à mesure que les kilomètres s'accumulent et que les participants tombent.

Malheureusement, la fin est assez prévisible. Une narration différente aurait permis plus de suspense quant à l'issue de la Marche.
De plus, j'ai regretté que le contexte de cette marche à mort ne soit pas plus étoffé : on devine que les États Unis sont devenus un état totalitaire dirigé par celui qui se fait appeler le commandant, mais contrairement à Hunger Games ou Battle Royale, on ne sait pas trop pourquoi la Longue Marche a été mise en place. Une seule piste : un spectacle à offrir à une foule qui veut voir la mort de près.
Car Stephen King traite tout particulièrement des pulsions morbides des spectateurs : le traitement du rapport à la foule dans ce roman est très intéressant. Tantôt compatissante (lorsqu'il s'agit des proches), tantôt menaçante, tantôt ridicule, elle accompagne les marcheurs pratiquement de bout en bout et les suit dans leur décadence avec un intérêt sinistre. 

Enfin, il y a peu de raisons données pour lesquelles les candidats s'inscrivent-ils à la Longue Marche (car oui, ils sont volontaires). On a l'impression qu'ils ne réalisent pas ce qui les attend, et pourtant chacun connaît les règles et le peu de chance de l'emporter.

En bref, Marche ou crève traite de façon intéressante du statut de spectateur et des pulsions de voyeurisme morbides. Seulement j'ai regretté que le roman ne soit pas un peu plus creusé, sachant que Stephen King m'a habituée à mieux. J'ai peut-être trop comparé à Battle Royale qui avait été un gros coup de coeur ?

La note : 7/10. Pas le meilleur de King, mais une approche intéressante.

"L'ultime jeu serait celui où le concurrent perdant est tué." - Chuck Barris, créateurs de jeux télévisés, animateur de The Going Show (cité au début du chapitre 4 de Marche ou crève)