pollen

TitrePollen

Auteur : Joëlle Wintrebert

Genre : Science-fiction

Résumé : Sandre, Sarah et Salem forment une triade ; issus du même oeuf fécondé in vitro, comme tous les habitants de Pollen, leur fratrie est unie par de très forts liens. Mais vient le jour où Sandre se rend coupable de meurtre, la plus grave faute jamais commise par un Pollénien. Sa sentence sera l'exil sur le Bouclier, le satellite de Pollen. Dès lors, Salem n'a plus qu'une idée en tête : rejoindre son frère, quels qu'en soient les moyens, quel qu'en soit le prix... 

Mon avisCe roman m'a attiré par les thèmes intéressants qu'il proposait : utopie, féminisme, science-fiction... Ici, nous avons une société futuriste, matriarcale et pacifiste qui a exilé l'ensemble de ses guerriers sur un satellite baptisé le Bouclier, où les hommes sont majoritaires et vivent sur un modèle proche de celui de la Rome antique.

Cet univers est riche et bien construit. On y retrouve pas mal de classiques de la science-fiction : catastrophes écologiques, technologie de pointe, manipulations biologiques, guerre spatiale...Peut-être aurait-il mérité un autre tome pour être davantage développé?

Les trois personnages principaux sont donc Sandre, Salem et Sârah, issus de la même Triade, mais viennent se raccrocher à leur histoire commune d'autres personnages secondaires : Kindia la nourrice, Oural la matriarche, Caïus le chef du Bouclier... dont on partage alternativement le point de vue.
Je pense que ma préférence va pour Sârah, car c'est celle qui va le plus changer après la séparation ; sulfureuse et futée, elle va réussir à se hisser vers les places les plus imprtantesde la société pollénienne.
N'empêche que les relations entre les jumelles, fusionnelles et même sexuelles restent un peu étrange et vaguement gênant.

L'un des gros point positif dans ce livre est incontestablement l'écriture de l'auteure : une plume à la fois brutale sans être vulgaire et presque poétique. Joëlle Wintrebert va jusqu'à modifier le pronom "ils" en "elles" lorsqu'elle désigne un personnage féminin et un personnage masculin en même temps.

Pas mal d'intrigue et pas de longueurs, le récit met en scène les intrigues du pouvoir et les relations entre individus avec un rapport dominant-dominé. Et on tourne toujours autour du même thème, dont on n'est loin d'avoir fait le tour : les rapports entre hommes et femmes, clivage ou union, équilibrés ou non. Et traiter ce sujet a travers une histoire de science-fiction était une très bonne idée.

Pendant ma lecture, je n'ai pas pu m'empêcher de penser au Meilleur des mondes d'Aldous Huxley : on y retrouve une communauté similaire où le sexe n'est pas tabou mais procréer naturellement, si. J'ai trouvé la fin trop brève, quelques pages en plus n'auraient pas été de refus, surtout que le roman se lit vite et bien.

Finalement, mon avis est assez mitigé ; je ne saurais toujours pas dire si j'ai aimé ou non ce bouquin. Certes, l'histoire est riche et j'ai adoré la plume de l'auteure, mais j'attendais plus de cette lecture.

La note : 6/10. Une histoire mille fois digne d'intérêts, mais quelques éléments auxquels je n'ai pas adhéré.