les_hauts_de_hurlevent

TitreLes Hauts de Hurle-vent

AuteurEmily Brontë

Genre : Classique

Résumé : La famille Earnshaw vit paisiblement dans son domaine de Hurle-Vent, dans les landes du Yorkshire, jusqu'à l'arrivée de Heathcliff, enfant de bohémien recueilli par Mr Earnshaw. Si Catherine, la plus jeune, se lit d'amitié avec le nouveau venu, Hindley, l'aîné, le déteste et le lui fait savoir.

Quelques années plus tard, alors que Catherine a épousé un voisin fortuné, un événement tragique pousse Heathcliff à lancer une terrible et tenace vengeance contre la famille de son ancien bienfaiteur et ses descendants.

Mon avis : Si je vous parle de femmes écrivaines au XVIIIème siècle, vous pensez sûrement à Jane Austen et aux soeurs Brontë. Ce sont les romans de la première qui m'ont conduit vers Les Hauts de Hurle-Vent, un roman sur lequel j'ai un peu butté aux premières pages, mais qui m'a finalement conquise.

Ce qui fait la particularité de ce récit, c'est aussi sa narration : au tout début, nous faisons la connaissance d'un certain Mr Lockwood, qui s'exprime à la 1ère personne du singulier. Alors qu'il souhaite louer Thrushcross Grange, propriété de Mr Heathcliff, il fait la connaissance des étranges habitants des Hauts. Un coup de froid le tiendra au lit pendant plusieurs semaines et pour tuer le temps, il demande à sa femme de charge, Hélène Dean, autrefois gouvernante là-bas, de lui conter le dramatique destin des Earnshaw.
Le récit commence donc par la fin pour ainsi dire, et Nelly Dean va nous plonger nous, les lecteurs, dans le trouble passé de Heathcliff et Catherine en même temps que Lockwood.

Comme je le disais, le début est laborieux, alors que la seconde moitié du roman est plus fluide. On peut considérer les 150 premières pages comme un prélude aux événements qui vont suivre ensuite, un prélude long, mais nécessaire.

Les relations entre les personnages sont très complexes et très bien ficelées. L'opinion que le lecteur se fait d'eux change très rapidement, selon leur âge ou les circonstances : aucun n'est parfaitement  innocent ou totalement démoniaque. Par exemple, j'ai eu de la compassion pour Heathcliff enfant, mais lorsqu'il grandit et exécute ses sombres desseins, mon avis a changé du tout au tout.
J'ai en revanche beaucoup aimé Nelly, notre narratrice : j'ai apprécié que la parole soit donnée à une femme de chambre, d'autant plus qu'elle se révèle très intelligente et parfois très critique à l'égar de ses maîtres.

L'intrigue se déroule sur un large laps de temps d'environ trente ans, preuve de la ténacité cruelle de la vengeance d'Heathcliff. Deux générations se succèdent, et on assiste à la répétition très ironique d'un schéma en ce qui concerne le devenir des personnages.

L'oeuvre de Emily Brontë se révèle très différente des oeuvres de Jane Austen. Je m'attendais à une trame à peu près semblable, mais Les Hauts de Hurle-Vent ne verse pas dans le romantique. Au contraire, il se veut plutôt sombre et dramatique.  En revanche, on retrouve une peinture sociétale similaire de la bourgeoisie britannique de la fin du XVIIe siècle. Les mécanismes subtiles et rouages de la vengeance sont admirablement mis en scène.

Le style de l'auteur (ou du moins la traduction) n'est pas trop ardue, et réussit à nous immerger dans l'Angleterre de l'époque. Les descriptions des émotions et des réactions physiques des protagonistes sont extrêmement bien retranscrites.

En bref, j'ai beaucoup apprécié ce roman à l'intrigue terriblement bien ficelée. Publié en 1847, il est pourtant à mon avis écrit avec beaucoup de modernité. Un peu fastidieux, peut-être, mais à découvrir. 

La note : 8/10. Un chef d'oeuvre de la littérature qui mérite amplement cette appelation.